Emporté par le vent. En cours de création

Quelques notes, quelques réflexions : Une note d’intention.

Nous sommes en travail mais avons voulu vous en informer pas à pas. Au fur et à mesure nous publierons nos avancées. Bonne lecture. Mary et Soraya.

Création de la C° Contrepoint en coproduction avec la C° Full Circle

Emporté par le vent

(Titre provisoire)

Spectacle de marionnettes

Théâtre noir

« Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau » Anaxagore

L’idée initiale.

C’est au cours de nos nombreuses promenades en forêt que l’idée de ce spectacle nous est venue avec sa galerie de personnages.

La forêt, espace naturel et imaginaire, est peuplée d’elfes, de fées, de satyres, autant de créatures que les marionnettes, dans leur irréalisme poétique, peuvent incarner. C’est certainement pour ces raisons que la littérature enfantine s’en est largement inspirée.

La forêt est un lieu générateur d’imaginaire. La nature exubérante de vie nous offre un spectacle toujours foisonnant et renouvelé au cours des saisons et se trouve propice à la rêverie. Les arbres et la forêt sont à la fois mouvants et intemporels.  

Les personnages

La forêt est un organisme vivant au cœur duquel l’ARBRE est roi. Il est refuge, garde-manger, halte-garderie, fédérateur. Il s’adapte, se transforme, au gré des évènements et abrite toutes formes de vies, animales et végétales qui sont interdépendantes. Ces mouvements de la vie créent une synergie, une symbiose, un renouvellement perpétuel de régénération, de recyclage et perpétuation des espèces.

« La semence de toute chose est contenue dans le vent… » Anaxagore

Le VENT a son mot à dire. A sa façon, il est aussi un messager, porteur d’avenir, de surprises et d’incertitudes. Il crée des sonorités, changeantes et éphémères selon sa puissance et la nature des obstacles qu’il traverse. Lorsqu’il souffle dans les sous-bois, les frottements contre les feuilles, les branches, les troncs génèrent des continuums sonores qui font que la nature dialogue avec elle-même. A ces souffles de vent se mélangent le concert des appels des animaux, oiseaux, chevreuils, insectes qui peuplent la forêt.

Ce spectacle ne comporte pas de dialogues. Mais les sons seront créés en fonction d’une dramaturgie précise, de jour comme de nuit. Chaque marionnette apporte avec elle sa sonorité que nous laisserons entendre le temps de son jeu.

Les marionnettes

Avec Mary Sharp, artiste plasticienne de la compagnie Full Circle, nous avons recherché une plastique pour nos marionnettes. Elles ne seront pas « réalistes » mais davantage évocatrices d’êtres merveilleux peuplant les forêts de l’imaginaire. En ce qui concerne l’esthétique plastique, pour chaque figure et élément scénique, nous travaillons à mettre en valeur des qualités de textures. Et en couleurs vives, bien entendu.

Les marionnettes inspirent confiance aux enfants, elles stimulent leur imagination, elles peuvent être des médiateurs vers l’apprentissage et l’éducation.

 

LE THÉÂTRE NOIR

Nous servons cet univers mystérieux et merveilleux de la forêt par la magie du spectacle, la magie du théâtre noir. Outre l‘intérêt qu’y trouveront les enfants, les parents seront également captivés. L’art du théâtre noir est tout nouveau pour nous. Nous embarquons dans cet apprentissage épaulées par Hubert Guipouy qui a enseigné les effets de lumières à l’Université Jean Jaurès de Toulouse durant de nombreuses années, et par l’intermédiaire de Hubert, Frédéric Tabet, (un des spécialistes français du théâtre noir) qui apporte les documentations et renseignements bien précieux pour nous.

Le principe

Le scénario en cours d’élaboration ne se base pas sur une dramaturgie littéraire ni linéaire mais sur une série d’historiettes essentiellement audiovisuelles, sans dialogues, propres à enchanter les enfants. Il ne s’agit pas à proprement parler de raconter une histoire, mais de raconter la forêt, à l’aide de ces saynètes.

Un exemple : Sur le fond noir, le vent souffle et apporte des formes désarticulées. Ces formes disjointes, au son du vent, se déplacent dans l’espace et peu à peu, à mesure que de la force du vent s’amenuise, s’assemblent pour faire apparaître la figure d’un animal. Une dernière bourrasque éparpille à nouveau cet ensemble pour laisser place au personnage/marionnette, qui prend vie. Nous sommes au tout début de la réalisation des figures. Jusqu’ici, « le vent » nous a apporté l’Oiseau, la Mangeuse de Feuilles, l’Hibernateur… Souffleront le vent du printemps, le vent de l’été, ceux de l’automne et de l’hiver. Un cycle complet.

Ce spectacle est une succession de tableaux de cycles de vies, tant végétal qu’animal.

Au fil des saisons, nous commencerons par l’hiver, on observe une première étape de transformations, les feuilles de l’arbre poussent, des fleurs sortent de terre, un animal sort de son terrier après une période d’hibernation. Ils vivent leur de vie.

Le Platypus croise l’oiseau maçon, également un habitant de l’arbre qui, du bout de son bec, enlève un opercule qui bouche l’entrée du nid, qu’il a fabriqué pour se protéger des rigueurs de l’hiver.

Puis l’été commence, sur les branches d’un châtaignier apparaissent les premiers bourgeons. Qui donneront les fleurs et les fruits nourriciers.

Dans l’arbre, l’oiseau protège sa couvée, l’écureuil sort de son trou, ramasse les fruits de l’arbre qu’il cache dans son antre en prévision des temps moins cléments…

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C’est une évocation des cycles de vie naturels que nous allons mettre en scène. Ce choix nous permet de construire un spectacle de marionnettes destiné aux enfants à partir de trois ans, aussi enchanteur que pédagogique, en ces temps où la prise de conscience de l’importance de la nature apparaît plus que nécessaire. Côte à côte, nous nous sommes engagées dans une traversée dans les profondeurs de la nature.

Nous cherchons ensemble à en extraire une essence et à la traduire en images et en figures, à mettre en poésie visuelle le cycle perpétuel des va et vient, le tout mis en mouvement par un vent vital transporteur de transformations et de métamorphoses.

Pour aider les enfants à apprendre le monde physique et social, pour les ramener à une réalité dont les écrans les éloignent, peut-être devons-nous d’abord leur permettre de retrouver librement, par des voies ludiques, le contact avec la nature. Jacques Tassin. Penser comme un arbre. Ed. Odile Jacob.